La harpe MIDI

Un seul et unique exemplaire

dans tout le système solaire

 

Le principe

Considéré dans ses grandes lignes, le principe de la harpe MIDI est assez simple : il s’agit de pouvoir virtuellement jouer n’importe quel son possible et imaginable. Des sons de harpe, par exemple, mais pour une harpe cela n’est pas d’une très grande originalité. On pourrait aussi jouer des sons de piano, d’orgue Cavaillé-Coll ou de grand orchestre, mais pourquoi alors ne pas utiliser tout simplement un piano, un orgue ou un grand orchestre ?

Peut-être parce qu’on ne les a pas sous la main ? Peut-être, mais a-t-on une harpe MIDI sous la main alors qu’il n’en existe qu’une, et qu’elle est relativement compliquée à mettre en œuvre ?

Rêvons ! On pourrait… la faire parler. En associant des bribes de discours préenregistrées à certaines notes, on pourrait redire le discours dans un ordre différent, on pourrait le chanter, l’harmoniser, le crier, le chuchoter, le réimproviser.

On pourrait associer certaines notes à ces bribes préenregistrées, et d’autres à des ambiances, ou encore à des effets comme du délai, de la réverbération ou encore une wahwah de guitare électrique.

On pourrait aussi demander à une seule note de jouer un trait d’orchestre complet ou n’importe quoi de préférence absolument injouable.

C’est cela la harpe MIDI, et c’est ce qu’a voulu créer Jakez François, le directeur de la maison Camac.

Parce que cela existait déjà pour ceux qui jouent du clavier : le synthétiseur, l’échantillonneur, le contrôleur MIDI. Cela existe également pour les guitaristes ou les saxophonistes depuis plus de dix ans.

Il fallait donc que les harpistes aussi aient accès à ce monde.

 

La harpe MIDI Camac

Le système

Chacune des 47 cordes de cette harpe est équipée d’un capteur piezzo, et chacun de ces capteurs renvoie le signal analogique sur un canal audio différent. Deux convertisseurs sont nécessaires pour convertir le signal analogique de ces 47 canaux en 47 canaux de flux audionumérique.

De là, les flux analogiques et numériques sont routés vers une interface audio.

Les sorties analogiques de l’interface audio peuvent être alors envoyées vers une table de mixage, un rack d’effets, ou directement à une sono. On a là une harpe électrique ou électroharpe.

Quant aux sorties numériques, elles sont orientées vers un ordinateur, et c’est là que ça devient vraiment rigolo.

On va commencer par analyser la hauteur, l’attaque, l’intensité et ce qu’on appelle l’enveloppe du signal audio. L’analyse se fait en continu, corde par corde, par des processus indépendants traitant chaque capteur de la harpe. On a donc 47 analyses en parallèle. Les notes sont générées en combinant ces analyses : le moment où elles sont déclenchées, leur hauteur, leurs variations de diapason, leur durée, etc.

Et tout cela est enfin envoyé sous forme de signaux MIDI ou de données OSC à la machine de notre choix, synthétiseur, échantillonneur ou, en ce qui concerne XKTdra, un ordinateur.

Ce dernier va traiter ces signaux à ma manière. Il pourra faire jouer des synthétiseurs, des instruments virtuels, des échantillons brefs ou très longs. Il pourra jouer ses propres partitions de manière synchronisée. Il pourra gérer les effets et la spatialisation multicanale en temps réel. Il pourrait même prendre en charge le plan de feu, des projecteur vidéo ou des machines à laser, mais ces possibilités ne sont pas à l’ordre du jour.